GOREZINE

GoreZine # 2 :

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février 2019

Le GoreZine orchestre la rencontre de 37 artistes et auteur.e.s offrant un panorama étendu du gore, depuis ses jubilatoires giclées de sang fidèles aux canons du genre jusqu’à ses aspects plus marginaux et empreints de violence crue, légitime et dérangeante.
Tiré à 130 exemplaires numérotés, il rassemble des textes et des images aux formes multiples traitant de l’horreur, de la déviance, du sang, du sexe et des tripes, choisis et étalés par les soins intensifs et nocifs de Luna Beretta et Christophe Siébert.

256 pages, format 17×17 cm., couverture 300g. pelliculage mat, papier intérieur 90g. ivoire, reliure cousue.
12 euros + 3,50 de frais de port à précommander ici

Couverture par Françoise Duvivier (détail)

Avec : St Batsal – Luna Beretta – Pierre Berthier – Jon Blackfox – Lörns Borowitz – Jrmy Bouquin – Jacques CaudaMorgane CaussarieuHenri ClercHerve CoutinFrançoise DuvivierRaphaël EymeryAudrey FauryMusta FiorSarah FistholePascal ForbesFrançois Fournet – Gaspard Garcia – Sébastien Gayraud – Bastien Godard – Kra – Céline MaltèreArnaud S. ManiakMarguerin – Steve MartinsAnne Mathurin Illustration – Oddinmotion – Saralisa PegorierTsipora PorosCatherine RobertYoann Sarrat – Schweinhund – Christophe Siébert – Ssoloeil – Jean-Michel Travel Tour – Claire Von Corda Emilie Woestelandt

 


Extraits :

« « […] Pauvre Maman, ça l’avait pas réjouie que sa petite princesse se retrouve en cloque à quatorze ans, ça, c’était sûr. Mais elle avait géré la situation avec son flegme habituel. Elle avait à peine engueulé Marie et s’était occupée de tout pour l’adoption, un couple de gens très bien qui fréquentait la même église.
Il en aurait tenu qu’à l’adolescente, il y aurait déjà longtemps qu’elle se serait faite avorter. Mais une mère catho ne laisse pas tuer un être humain, quelque soit son stade de développement. Marie n’avait rien eu à dire. Maman avait aussi refusé en bloc les échographies et les examens médicaux, malgré l’insistance du médecin familial. Ce serait au Seigneur de décider si le bébé devait naître ou non. Normal ou non. […] »

Morgane Caussarieu, Le miracle de la vie

 

« Femme ? Homme ? Il ou elle a les cheveux courts. Elle ou il a la poitrine dirigée vers le sol de ma chambre, écrasée contre le parquet plein d’échardes — je ne distingue rien de précis. Son visage est sans expression. Je suis mal à l’aise et excité. Bientôt mon sexe, testicules et mètres de peau compris, pendra du plafond, si gigantesque et distendu qu’il frôlera le sol. L’écran devant moi, sur le bureau, détourne un instant mon attention de la créature hermaphrodite — j’y reviendrai, ça m’obsède. Je visite un site dédié au Dark Surreal Art — macabregallery.com. Le Dark Surreal Art est un mouvement contemporain, amalgame du surréalisme (qui s’affranchit de la raison en exploitant les forces psychiques de l’inconscient) et du gore, du trash, du sombre, du désespéré, de l’organique-à-la-Cronenberg. La créature homme ou femme qui s’agite dans le fond de la chambre est une sorte d’araignée-humaine. Elle n’a rien d’une araignée. Elle a l’apparence d’un humain. Elle marche à quatre pattes. À ça près qu’elle a trois paires de jambes. Trois paires de jambes qui se suivent. […] »

Raphaël Eymery, Dark Surreal Art

 

« J’avais pris toutes les précautions, toutes celles qui s’imposent quand tu montes chez un inconnu pour du cul et pour ne pas finir dans la rubrique fait-divers du Progrès. La presse aurait dit « Un Homosexuel », puis « a été retrouvé », le pire c’est le visage, c’est la peur d’être défiguré par un timbré qui me fait le plus baliser. J’ai envoyé un texto à Étienne pour lui dire où j’allais, pourquoi, et en joignant un screenshot du profil du mec. A ce moment là je ne savais pas que le profil était un appât et que j’avais négocié du cul rapide avec littéralement : personne, en tout cas, personne de physiquement présent derrière un écran. J’ai ajouté au texto « si t’as pas de news de moi après telle heure, appelle le FBI », c’est ma petite blague pour rappeler aux hétéros qu’être gay aujourd’hui c’est comme un épisode d’X-Files ou des Experts qui durerait toute la vie. J’arrive en bas de l’immeuble où le « mec » m’attend, là pareil je prends l’immeuble et la porte d’entrée en photo et je l’envoie à mon coloc, il doit se dire que je suis complètement parano, ou alors que je le fais participer à mon script homosexuel à suspense, que tout ça fait partie d’un délire particulièrement calculé, une montée d’adrénaline avant de baiser. Ces pédés qui font de la vie des fictions. […] »

Marguerin, Prouvez-nous que vous n’êtes pas un robot

 

« […] À force de voir des films pornographiques quotidiennement, à force d’écrire et de lire les vices les plus inavouables, j’arrive à ne presque plus rien ressentir. Immunisé au monde. Totalement blasé. La réalité me semble fade, trop simple et gentillette maintenant. Je vois tous les jours des milliers de culs se faire sauvagement bourrer et en invente encore des dizaines d’autres qui sont les objets de mes démences sexuelles. J’ai un peu l’impression d’être allé au fond du truc, je suis au bout du tunnel mais il y a toujours pas cette fichue lueur. Au lieu de sortir de la caverne comme disait Platon moi j’y retourne, m’y enfonce et m’y vautre avec mes petits copains les psycho d’Internet.
C’est dans ce vortex abrutissant qu’on se retrouve coincé quand on arrive à l’âge où il faut payer son loyer, sa bouffe et éventuellement ses vacances. Du coup on se trouve un taf, au début on rêve de faire des trucs cools, de tirer des belles meufs et de rouler en caisse qui a de la gueule. Puis petit à petit on laisse ses rêves derrière et on trouve un truc bien con qui paie le minimum mais correspond à nos capacités intellectuelles de cassos. Le manège métro boulot dodo… C’est le truc de personne tellement c’est absurde mais on y arrive tous au final, et puis rapidement. On finit par être pressé d’être à la retraite pour profiter du temps qui reste en regardant ses os se casser la gueule… Alors du coup ben je me défonce et mate du porno en boucle histoire d’accélérer le processus de décrépitude tout en me sentant encore un peu de vie. Je me demande parfois ce que penserait le gosse que j’étais à quatorze ans s’il me voyait maintenant. Heureusement ce genre de moments de lucidité coupable ne font que rarement leur apparition. Mes interminables masturbations, parfois douloureuses et pénibles occupent le plus grand de mon temps lorsque j’arrive encore à bander malgré toutes les drogues.[…] »

Hervé Coutin,  Machin

 

« — Allez, branle-toi, branle-toi fils de pute, fais-la venir bien dure, tu crois que je vais te laisser m’arroser si tu bandes mou ? Ah, putain, tu m’aurais vu du temps de Khrouchtchev, c’était autre chose, ils chiaient tous dans leur froc quand ils me voyaient ! L’armée à l’époque c’était le bon temps, c’était pas rempli de pédés comme maintenant ! Allez, bande plus fort que ça, pédale, j’ai envie de me faire cracher dessus par une vraie bite, pas par une limace !
Celui qui invective le chippendale membré comme un âne est un vieillard chenu et à moitié difforme, occupant un fauteuil roulant de fabrication chinoise semblant peser plus lourd qu’une Mercedes des années cinquante.
Le chippendale gavé de stéroïdes, les muscles luisants d’huile et monstrueusement gonflés, astique sa queue. Elle est gigantesque, longue comme un avant-bras, si raide qu’on la croirait sculptée dans un morceau de bois, surnaturellement épaisse, violacée, aux veines et sinueuses. […] »

Christophe Siébert, Viande humaine

 

Illustrations :

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Audrey Faury

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Saralisa Pegorier


GoreZine # 1 :

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novembre 2017

96 pages de sang, sucs & dégueulis présentées par Christophe Siébert et Luna Beretta

Couverture d’Ana Prr Prr

Avec : A4 Putevie – Luna Beretta – Nils Bertho – Pakito Bolino – Charles Bösersach – Jacques CaudaPascal Dandois – Raphaël Eymery – Audrey Faury – François Fournet – Sébastien Gayraud – Krakra – Ky’ – Céline Maltère – Alain MarcMéryl MarchettiMecano Lacrymo – Necromongers – Gaspard Pitiot – Ana Prr Prr – Catherine Robert – Yoann Sarrat – Schweinhund – Xavier Serrano – Christophe Siébert – Clothilde Sourdeval – Ssolœil – Zigendemonic

6 euros + 3 euros de frais de port à commander ici


Illustration d’Audrey Faury pour GoreZine # 1 :

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Extraits de textes issus de GoreZine # 1 :

« Le vingt-deux septembre à six heures cinquante du matin, après avoir passé la nuit à pleurer, j’écris un mot d’adieu et me cisaille les poignets à l’aide d’un couteau à découper la viande et mets dix minutes à mourir ; ensuite, je me sens mieux. »
(Christophe Siébert)

« Aire sensitive : NÉANT
je sais que les noyaux deviennent des projections criminelles, que la moelle et le bulbe gigotent au rythme des démences, je sais cela, et me laisse pourtant couler dans des circonvolutions pariétales, dans des zones putrescentes de la sensibilité, je sais cela, que cela, je sais cela, je sais cela et je fouille, sachant combien je sais, mais n’éprouvant rien d’autre qu’une conscience étriquée du moi, du mou »
(Xavier Serrano)

« La fille émet une longue plainte bizarre. Un hululement rauque qui n’a déjà plus grand-chose d’humain. Son œil crevé était bleu, avant. Désormais, ce n’est plus qu’un trou noir qui pleure des larmes rouges striées d’humeurs jaunes. »
(Schweinhund)

« avec un autre bord de la feuille je me tranche les tétons, pour faire un peu BDSM, mais pas trop. Le sang se répand sur mon torse et sur la page, je le fais lécher par ces derniers mots, ce dernier bout de phrase qui deviendra un lambeau de chair. »
(Yoann Sarrat)


Illustration de Ssoloeil issue de GoreZine # 1 :

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